28 Ans Plus Tard : Le Temple Des Morts
- Thibault Jeanroy

- 31 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 févr.

Réalisé par Nia DaCosta, à qui l’on doit le remake de Candyman de 2021 et sorti cette année, le film est la suite directe du 28 ans plus tard de Danny Boyle, avec toujours Alex Garland au scénario.*
Ayant été globalement convaincu par 28 ans plus tard lors de sa sortie, notamment pour ses personnages assez intriguants (plus que pour son histoire parfois un peu brouillonne) et en particulier celui du Docteur Ian Kelson interprété par l’excellent Ralph Fiennes, c’était avec une certaine curiosité que j’allais découvrir en salle cette suite, qui s’est selon moi avérée à la hauteur voire même supérieure à son aîné.
Bien que le film ne soit pas absent de défauts, notamment sur sa scène de fin qui promet plutôt maladroitement le retour de Cillian Murphy, plus vu depuis le premier opus, ou encore la faible présence d’infectés, chose assez surprenante pour cette franchise, celui-ci développe davantage les personnages de 28 ans plus tard, affinant leurs caractères, leurs objectifs et leurs différentes relations et oppositions.
Et celui qui selon moi se démarque le plus est le docteur Kelson cité plus haut, ermite mélomane dont l’une des principales activités est d’agrandir de jour en jour son temple des morts d’une certaine poésie macabre qui donne son titre au film, constitué de centaines de crânes et d’ossements, et qui est de plus le seul à tenter d’établir une connexion et un dialogue avec un infecté, un colosse sanguinaire et terrifiant à première vue, impossible à raisonner mais qui va finir par presque se lier d’amitié avec Kelson, à force d’échanges et d’un traitement à base de morphine, infecté qui retrouve même la raison à la fin du métrage, chose alors inédite dans la saga et ouvrant donc sur une possible cure au virus.
Kelson est aussi au cœur de la meilleure scène du film d’après moi, où il doit se faire passer pour le Diable lui-même auprès des Jimmies, et use de divers tours de passe-passe, d’un maquillage blafard et d’une mise en scène infernale sur fond d’Iron Maiden afin de les convaincre du mieux qu’il peut, scène spectaculaire et très entraînante, tout en rythme et en mouvement et de ce fait mémorable. C’est également au terme de cette séquence que Kelson trouve sa fin, touchante bien que frustrante tant le personnage était appréciable et aurait mérité davantage de temps d’écran.
Le second personnage marquant est évidemment celui de Jimmy Crystal interprété par Jack O’Connell déjà vu dans Sinners, personnage absolument détestable car manipulateur, violent et abusif tout au long du récit, mais aussi terriblement charismatique, exerçant un contrôle entier sur ses adeptes, les Jimmies, qu’il force à commettre des meurtres barbares semblables à des rituels et difficilement regardables. La mort du personnage est autant satisfaisante qu’ironique car il finit crucifié à l’envers tel l’Antéchrist qu’il prétend être, puis dévoré par l’infecté de Kelson, en qui il croit reconnaître le Malin dont il se prétend le fils. À noter que le personnage est en partie basé sur Jimmy Savile, célèbre animateur de radio des années 60 et 70, mais surtout pédocriminel malheureusement prolifique, rajoutant à Jimmy Crystal une dimension malsaine supplémentaire.
En conclusion, le film est globalement une réussite tant d’un point de vue technique que scénaristique, et c’est avec encore davantage d’intérêt que j’attends le prochain volet, qui toutefois je l’espère remettra davantage l’accent sur l’horreur et le survival, en reprenant la caméra portée et le POV, qui faisaient le charme et la singularité des premiers films.
Le film est toujours disponible en salles
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