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Obsession-Dystopie d'une relation amoureuse

  • Photo du rédacteur: Thibault Jeanroy
    Thibault Jeanroy
  • il y a 7 jours
  • 3 min de lecture
Obsession film 2026
Obsession film 2026 @CurryBarker

LE CINÉMA DE GENRE EN 2026


Oui, possiblement le choc cinématographique de ce premier trimestre 2026. Le cinéma de genre ne cesse d’évoluer vers quelque chose d’accompli, comme une vague qui se forme doucement à l’horizon pour devenir gigantesque près du rivage.

De David Robert Mitchell à Parker Finn, en passant par les désormais établis Ari Aster ou Jordan Peele, l’horreur a pris un autre visage. Elle s’est muée en une angoisse qui prend elle-même plusieurs formes…

Avec Obsession de Curry Barker (produit par Blumhouse), elle prend la forme d’une obsession sentimentale, et plus précisément d’une relation toxique.


QUAND L’AMOUR DÉPASSE LES FRONTIÈRES DE L’ENTENDEMENT


Nous suivons Bear, un jeune homme épris depuis toujours de son amie Nikki, qui se voit offrir la possibilité de faire un seul et unique vœu : celui de voir celle qu’il aime l’aimer à son tour, très profondément… sûrement trop d’ailleurs.


Peu sont parvenus à susciter un tel malaise. Curry Barker (jeune cinéaste issu de la plateforme YouTube) se hisse déjà au rang des metteurs en scène les plus intéressants et intelligents de sa génération, trouvant le juste équilibre entre peur, angoisse et malaise.

Plans larges qui s’éternisent, inserts astucieux, gros plans insoutenables, scènes nocturnes palpitantes : tout réside dans la vision de ce metteur en scène, qui fait perdurer l’insoutenable et en fait la véritable force de son long-métrage.

Nous évoquions plus haut David Robert Mitchell et Parker Finn…

Les deux ont une chose en commun : des protagonistes troublants, ainsi que des plans interminables et insoutenables.


Barker tisse néanmoins une véritable vision dans ce premier long-métrage. En prenant pour sujet la relation toxique, il dresse un portrait véritablement effrayant d’une relation qui vire peu à peu au cauchemar….

Cependant, si le personnage de Bear est d’abord représenté comme la victime de cette histoire, on peut rapidement s’interroger. Aucune remise en question, simplement une posture de victime enfermée dans le déni. N’oublions pas que toute la situation découle d’un vœu destiné à ce que sa promise « l’aime plus que tout au monde ». Là réside finalement le véritable problème.

Celui qui provoque la situation ne fait ensuite que rejeter la faute des étranges agissements de Nikki sur elle-même.


Effrayant tout en étant profondément immoral, le film ne cesse alors de questionner : qui est réellement l’antagoniste, et qui est la véritable victime ?

Si Obsession se présente d’abord comme un pur film d’horreur, il peut surtout être rangé dans la catégorie du thriller psychologique. Barker n’use que très peu des codes traditionnels du cinéma d’horreur, préférant installer une atmosphère réellement dérangeante et troublante, tout en exploitant pleinement la palette de jeu de son actrice principale Inde Navarrette afin de faire monter la tension à chaque instant.

Le personnage de Nikki finit presque par se confondre avec une entité possédée, sans que le film ne devienne pour autant soudainement paranormal — ce qui n’aurait probablement pas fonctionné.


Or, c’est précisément ce qui rend le long-métrage si effrayant : son intrigue colle à une certaine idée du réel, dans une version évidemment caricaturée.

Rares sont les films d’horreur qui nous poussent ensuite à la réflexion et à nous interroger sur la manière dont les relations et les comportements sont pensés.

Portrait psycho-horrifique d’une relation toxique, Obsession déploie son propos dans une dystopie émotionnelle comme il en existe peu.


Le film est actuellement en salles


Voir la bande-annonce




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