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The Odyssée-Que vaut le film évenement de Christopher Nolan ? La rédac vous donne son avis

  • Photo du rédacteur: Thibault Jeanroy
    Thibault Jeanroy
  • 19 juil.
  • 9 min de lecture
Matt Damon incarne Ulysse dans la superproduction de Christopher Nolan
Matt Damon incarne Ulysse dans la superproduction de Christopher Nolan

C'est l'un des évenements cinémathographique de l'année, le nouveau film de Christopher Nolan, l'adaptation de l'Odyssée, une épopée mythologique de 2 h 53 portée par un casting sur mesure, de Matt Damon en tête d'affiche dans le rôle d'Ulysse, à Zendaya dans celui d'Athéna, en passant par Tom Holland en Télémaque, Nolan a composé un casting très solide.


Après le triomphe d'Oppenheimer en 2023, on sentait que le réalisateur d'Inception se rapprochait finalement plus d'un cinéma intime et duelliste que métaphysique et ultra conceptuel . Et on pour tout dire on préfère ce cinéma là .


Pour rappel L'Odyssée est l'histoire d'Ulysse qui après le siège de Troie, essaie en vain de retourner à Ithaque ses terres, où l'attendent sa femme Pénéloppe et son fils Télémaque.


Mais qu'avons nous pensez du film finalement ?


La Critique de Gabriel


Le risque, avec un tel récit, est de se contenter d’adapter L’Odyssée et, par conséquent, d’ennuyer le public avec une histoire connue de tous. Christopher Nolan relève pourtant ce défi avec brio.

Il le relève d’abord sur le plan technique. Il prend le risque d’immerger le spectateur dans le voyage en filmant principalement à la caméra portée, à travers de gros plans, des plans-séquences et des travellings. Lorsqu’il élargit les plans, c’est pour illustrer l’ampleur de l’égarement des personnages.

La musique, une fois de plus composée par Ludwig Göransson, est mise en sourdine, presque inaudible. Ce choix oblige le spectateur à rester attentif à tout ce qui se passe, à se sentir concerné, investi. J’ai moi-même sursauté lors de certaines scènes du film.


Nolan met de côté l’aspect théâtral du poème pour accentuer le drame humain, car, contrairement à ce que suggère le célèbre sonnet de Joachim du Bellay, Ulysse n’a pas fait un beau voyage.

The Odyssey n’est pas seulement une prouesse technique : c’est aussi une fresque humaine portée à l’écran par des acteurs dignes du panthéon des plus grands noms du cinéma de notre génération : Matt Damon (Ulysse), Anne Hathaway (Pénélope), Robert Pattinson (Antinoos), Charlize Theron (Calypso), Tom Holland (Télémaque) ou encore Zendaya (Athéna).

Le film raconte comment Ulysse retrouve peu à peu la mémoire alors qu’il est retenu par la nymphe Calypso.


Matt Damon et Charlize Theron sont Ulysse et Calypso dans L'Odyssée
Matt Damon et Charlize Theron sont Ulysse et Calypso dans L'Odyssée

Pendant ce temps, à Ithaque, Pénélope tisse et détisse sa toile afin de retarder autant que possible le choix d’un prétendant, tandis que son fils Télémaque cherche un moyen de les chasser du palais.

À mesure que ses souvenirs reviennent, nous suivons toutes les étapes du voyage d’Ulysse : la grotte du Cyclope, la malédiction de Circé, la prophétie de Tirésias, jusqu’à son retour à Ithaque où, sous les traits d’un mendiant, il retrouve son fils avant de massacrer ses ennemis tel un ange de la mort venu châtier ceux qui ont profané son royaume.


Oui, il existe une parenté assez évidente avec The Dark Knight Rises, où Batman, après avoir tout perdu, revient pour sauver Gotham City et punir implacablement ses ennemis.

Mais, plus largement, de quoi traite The Odyssey ? De la solitude et de la culpabilité. Tout au long du film, Ulysse est hanté par le souvenir du pillage de Troie auquel il a participé : des temples consacrés aux dieux grecs saccagés, des civils massacrés… tout cela pour servir les intérêts politiques du roi Agamemnon, dont l’armure rappelle d’ailleurs celles de Batman et de Dark Vador. Ce qu’il a fait à Troie allait à l’encontre de la loi de Zeus : traiter l’étranger comme on souhaiterait être traité soi-même.

À chacune des étapes de son voyage, Ulysse tente de se montrer digne de ce principe sacré et use davantage de sa ruse que de la force pour triompher de ses ennemis. Autrement dit, il refuse de revivre un nouveau pillage de Troie.


Avec cette loi de Zeus, Christopher Nolan donne une dimension plus politique à l’œuvre d’Homère. Son Ulysse est en avance sur son temps : il croit profondément au dialogue, à l’échange et à la diplomatie plutôt qu’à l’usage de la force brute. Il incarne la civilisation dans un monde dominé par la brutalité. Les prétendants, par leur comportement, reproduisent à leur échelle le pillage de Troie : sous prétexte d’épouser Pénélope, ils s’approprient les richesses d’Ithaque et bafouent les lois sacrées de l’hospitalité.


Le film constitue également une satire de l’art de gouverner. Ulysse se bat d’abord pour la survie de ses hommes, quitte à s’attirer leur incompréhension, puis pour la dignité de son peuple. Son retour à Ithaque sous les traits d’un mendiant lui permet d’observer ce qu’est devenu son royaume et de mesurer quel roi son fils pourrait devenir après lui.


The Odyssey est le deuxième film, après Oppenheimer, dans lequel Christopher Nolan traite de manière aussi explicite de la fin d’une époque. Ici, il s’agit de la fin de l’âge du bronze, marquée par le pillage de Troie et l’exil d’Ulysse. Mais, contrairement à Oppenheimer, cette œuvre se conclut sur une note d’espérance : celle d’un monde qui ne pourra renaître qu’en rompant avec le cycle de la violence. Une espérance qui résonne particulièrement avec notre génération, façonnée depuis plus de vingt ans par le cinéma de Christopher Nolan.


La Critique d'Arthur


Bien après sa trilogie consacrée au « Chevalier noir », Christopher Nolan s’attaque à un autre mythe monumental, popularisé par d’innombrables adaptations et réécritures : L’Odyssée d’Homère. Rien que ça. Et il le fait avec un casting cinq étoiles.


Anne Hathaway incarne une Pénélope forte et dévouée, Matt Damon campe un Ulysse calme et posé, Robert Pattinson prête ses traits à un prétendant détestable à souhait, Zendaya compose une Athéna troublante et mystérieuse, Charlize Theron est une Calypso envoûtante et, surtout, Tom Holland livre une prestation remarquable dans le rôle de Télémaque. Ce fils d’Ulysse, qui cherche un père qu’il n’a jamais connu, dégage une émotion sincère à travers son regard embué et sa voix pleine de gravité.


Tom Holland joue Télémaque le fils d'Ulysse
Tom Holland joue Télémaque le fils d'Ulysse

Le chant d’Homère est, à son tour, plongé dans le moule visuel ultra-réaliste et théâtral dont le réalisateur d’Inception a le secret. Le montage bouleverse volontairement la chronologie des événements, passant du cheval de Troie à Pénélope qui tisse et défait sa toile, de la confrontation avec le Cyclope à la quête de Télémaque, puis à l’île de Circé, avant de nous montrer Ulysse auprès de la nymphe Calypso, retrouvant peu à peu ses souvenirs.

Les trois principaux reproches que l’on peut adresser au film sont les suivants.

Tout d’abord, les affrontements avec les créatures mythologiques – le Cyclope, les Sirènes, Charybde et Scylla – sont finalement assez survolés, alors qu’ils constituent une part essentielle du voyage d’Ulysse.

Ensuite, le fait que la magicienne Circé transforme les hommes en porcs pour se protéger de leur violence n’est pas vraiment développé. C’est dommage, même si cette séquence possède une atmosphère délicieusement dérangeante.

Enfin, le film accorde davantage d’importance à l’affrontement avec les prétendants de Pénélope, notamment à travers le personnage d’Antinoos, qui harcèle la reine et complote pour éliminer Télémaque, qu’au voyage lui-même. Or, le mot « odyssée » évoque immédiatement l’idée d’un périple épique.


Néanmoins, plusieurs scènes sont particulièrement réussies. Celle où la vieille servante reconnaît Ulysse malgré son déguisement est d’une grande tendresse, tout comme le moment où Télémaque comprend enfin que le mendiant qu’il protège est son père.

Quant aux retrouvailles tant attendues entre Ulysse et Pénélope, elles concentrent toute la retenue, la douleur et l’amour accumulés au fil des années d’absence.

Au final, The Odyssey est une adaptation en demi-teinte : ambitieuse, portée par une mise en scène spectaculaire et une distribution remarquable, mais parfois déséquilibrée dans ses choix narratifs. Certaines parties du récit sont brillamment mises en valeur, tandis que d’autres, pourtant essentielles au mythe, sont traitées de manière trop superficielle.



La Critique de Mael


L'histoire, bien connue, a été ici largement revisitée par Nolan, qui y a ajouté sa signature et son esthétique. Celle-ci se révèle particulièrement sombre, avec un grand nombre de séquences en intérieur, éclairées par des torches, des feux de camp ou simplement par la nuit. Le réalisateur parvient également à respecter plusieurs moments particulièrement sensibles et émouvants de l'œuvre originale, même si certains épisodes sont absents ou écourtés, en raison de sa volonté de condenser ce récit monumental en un seul film d'une durée de près de trois heures.


Le casting, presque divin, se distingue par des performances remarquables. Anne Hathaway, dans le rôle de Pénélope, met en lumière une facette de la fidélité et du courage du personnage que beaucoup ne connaissaient probablement pas. Tom Holland, quant à lui, incarne un Télémaque particulièrement convaincant et démontre qu'il est capable d'exceller dans des rôles touchants, loin de l'univers Marvel.

Bien sûr, Matt Damon livre une interprétation exceptionnelle d'Ulysse, présenté comme un guerrier marqué par le traumatisme de la guerre de Troie, en quête de lui-même et prêt à tout pour retrouver la femme qu'il aime.


Il ne faut pas non plus oublier les performances des autres acteurs principaux et secondaires, notamment celle de Robert Pattinson, impressionnant de lâcheté et de perfidie dans le rôle du prétendant Antinoüs. Benny Safdie confère à Agamemnon une présence à la fois mystérieuse et majestueuse, tandis que Zendaya apporte toute son aura au personnage d'Athéna.


Robert Pattinson est Antinous dans l'Odyssée
Robert Pattinson est Antinous dans l'Odyssée

Il convient également de saluer les interprétations de Lupita Nyong'o et de Jon Bernthal dans les rôles d'Hélène et de Ménélas, un couple recomposé de force après la guerre de Troie. On soulignera aussi la double performance de Lupita Nyong'o, qui incarne également Clytemnestre, épouse d'Agamemnon, ainsi que les prestations de Charlize Theron dans le rôle de Calypso et de Samantha Morton dans celui de Circé.

Les costumes, bien qu'ils ne soient pas toujours historiquement fidèles, notamment pour les puristes, apportent néanmoins une véritable dimension épique au film.

Ils rappellent les plus grands péplums, comme Gladiator. Quant aux décors, qu'ils aient été construits ou utilisés comme lieux de tournage, ils s'intègrent parfaitement au récit et renforcent son ambiance, tout en accompagnant la prestation monumentale des acteurs ainsi que celle des nombreux figurants.


Pour conclure, le succès de ce film semble déjà assuré. Il cumule les qualités et s'annonce comme l'un des plus grands, si ce n'est le plus grand succès de l'année. La qualité du jeu de ses acteurs, la mise en scène de Christopher Nolan, l'écriture intemporelle d'Homère, revisitée avec intelligence, ainsi que l'ampleur de sa production en font une œuvre exceptionnelle. À cela s'ajoutent la diversité des formats de projection proposés, des conditions de tournage inédites dans l'histoire du cinéma, ainsi que des décors, des accessoires et des effets spéciaux impressionnants, réalisés autant que possible sans recours au numérique.

On ne peut que souhaiter le plus grand succès à ce futur classique du film mythologique.






Dans les coulisses de The Odyssée chapeauté par Christopher Nolan
Dans les coulisses de The Odyssée chapeauté par Christopher Nolan

La Critique de Thibault


Qu’allait nous réserver Christopher Nolan après le cérébral Oppenheimer ?

Cette question a germé dans nos esprits pendant trois ans. Lorsqu’il a été annoncé qu’il allait s’attaquer à L’Odyssée d’Homère, nous étions partagés entre la joie et l’appréhension. Comment ce monument de la mythologie grecque allait-il s’intégrer à l’œuvre de Nolan, lui qui, jusqu’à présent, s’était consacré au temps et à des concepts labyrinthiques, souvent très abstraits et parfois difficiles d’accès ?


Inception de Christopher Nolan sorti en 2010
Genre Inception ?

Si son œuvre la plus populaire demeure aujourd’hui sa trilogie The Dark Knight, L’Odyssée s’annonçait comme le projet le plus ambitieux de sa carrière. C’est donc avec une certaine appréhension, mêlée à beaucoup de curiosité, que nous nous sommes précipités dans les salles pour le découvrir.


Quelle surprise. Quel spectacle. Quelle envergure !

Nolan met énormément de choses dans cette adaptation, qui s’annonçait pourtant comme un véritable défi. Le récit d’Homère est d’une redoutable complexité, mais le réalisateur s’empare du projet avec une ambition folle. Caméras de pointe, tournage en IMAX, budget de 250 millions de dollars : oui, Nolan a vu grand, très grand, et c’est une nouvelle fois l’une de ses plus grandes qualités.


Cette Odyssée est sans doute son scénario le plus passionnant depuis qu’il écrit seul ses films.

Les enjeux sont puissants et s’inscrivent dans la continuité de ceux qu’il explore depuis toujours : un héros affrontant mille obstacles pour retrouver les siens, un fils qui n’a jamais connu son père, ou encore les démons du passé qui poursuivent inlassablement Ulysse. Nolan répartit habilement les différentes péripéties au sein d’un récit fluide, au rythme constamment maîtrisé. Chaque personnage trouve naturellement sa place et, plus l’on progresse au cœur de cette tragédie, plus l’histoire gagne en profondeur et en cohérence.

Il faut également saluer la volonté de Nolan de mettre davantage en avant les émotions et les doutes de ses personnages. Pénélope refuse obstinément tous les prétendants, convaincue qu’Ulysse est toujours vivant. Plus bouleversante encore est cette scène où Ulysse, dissimulé sous les traits d’un mendiant, confie à la femme qu’il aime le poids de sa culpabilité.


Les récits de Nolan sont peuplés de personnages guidés par une profonde exigence morale. De Bruce Wayne dans The Dark Knight à Cooper dans Interstellar, jusqu’à J. Robert Oppenheimer, ses héros sont des hommes prêts à tout sacrifier pour rester fidèles à leurs convictions ou retrouver ceux qu’ils aiment, malgré les épreuves qui jalonnent leur route. Ulysse s’inscrit pleinement dans cette lignée.


Cooper un père qui sacrifie sa famille pour la survit de l'humanité dans Interstellar
Cooper un père qui sacrifie sa famille pour la survit de l'humanité dans Interstellar

La place accordée aux femmes constitue également une belle évolution dans le cinéma de Nolan. Pénélope, Athéna, Circé ou encore Calypso ne sont jamais réduites à de simples figures secondaires. Chacune possède une véritable fonction dramatique, une personnalité affirmée et un rôle essentiel dans le récit. Nolan, à qui l’on a souvent reproché de reléguer les personnages féminins au second plan, leur offre ici une présence plus équilibrée et plus affirmée.


Et si L’Odyssée était finalement le film que l’on attendait de Christopher Nolan depuis toutes ces années ?

Celui où toutes les pièces de son cinéma s’assemblent avec une remarquable évidence. Celui où la narration demeure ambitieuse sans jamais sombrer dans la démonstration ou la complexité gratuite. Celui où le récit, clair et profondément humain, trouve naturellement son accomplissement. Mis en scène avec la virtuosité qu’on lui connaît, L’Odyssée pourrait bien représenter l’aboutissement d’un cinéaste qui n’a jamais cessé de chercher à donner le meilleur de son talent.


Le film est actuellement en salles avec un excellent


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