Disclosure Day- Que dis la rédac sur le nouveau Spielberg
- Thibault Jeanroy

- il y a 6 jours
- 6 min de lecture

Le nouveau film évenement de Steven Spielberg est en salles actuellement et comme vous devez vous en doutez, c'est à ne pas louper !
4 ans après son sublime The Fabelmans, dans lequel il revenait sur sa propre enfance et appuyait notamment son rapport difficile à la famille, il revient cette fois-ci avec Disclosure Day, où le point culminant d'une partie de sa filmographie, les humains et les extraterrestres!
Steven Spielberg a toujours aimé questionner cette partie de notre existence, le cas le plus notable jusqu'ici était Rencontres du Troisième Type où des phénomènes étranges annonçaient quelque chose de bien particulier.
Aujourd'hui, la rédaction de Lumière se réunit à nouveau pour vous dire ce qu'elle a pensé de ce nouveau film de Steven Spielberg.
La Critique de Gaspard
Un nouveau film de Steven Spielberg en 2026 ? La nouvelle a fait grand bruit et le film devrait sans mal susciter la curiosité des spectateurs.
Il faut dire que son précédent film, The Fabelmans, sorti en 2022, avait une dimension profondément introspective et cinéphilique qui nous a, un temps, poussés à croire qu’il s’agissait là de son ultime chef-d’œuvre.
Après trois ans d’absence, le papa de Jurassic Park et Les Dents de la mer revient pourtant avec un nouveau long-métrage. Contre toute attente, son nouveau film n’a finalement pas tant tardé à déferler sur nos écrans. Avec Disclosure Day, il retourne à ce qui est probablement son genre favori : la science-fiction. Une telle annonce ne pouvait que faire notre bonheur, notre amour pour E.T et Rencontres du troisième type n’étant plus à prouver. Il faut dire que le réalisateur ne s’était pas attaqué à la science-fiction depuis 2018 et Ready Player One.

Disclosure Day surgit ainsi avec une pression comparable à celle d’Atlas, portant les attentes d’une foule de fans dans le monde entier. Malheureusement, Disclosure Day s’impose moins comme une révélation que comme une désillusion.
Le film est plus proche d’un Don’t Look Up clinquant et prétentieux que de ce que l’on pouvait espérer. Disclosure Day promettait du mystère, mais il nous plonge encore et encore dans une incompréhension illégitime.
Cela s’explique notamment par un manque d’explications autour des objectifs des personnages. On dirait qu’à tort, Steven Spielberg pense que nous savons déjà tout de ses personnages ou qu’il est intéressant de laisser planer le mystère.
Or, nous sommes loin d’avoir les pouvoirs télépathiques d’Emily Blunt.
Les différentes séquences semblent, qui plus est, sans conséquences dès lors qu’elles n’apparaissent pas comme un cheveu sur la soupe.
Le langage extraterrestre, pourtant au cœur du synopsis et du teaser, n’est, qui plus est, finalement pas tant exploité. À la place, le film préfère se concentrer sur un enchaînement de péripéties qui, malgré leur volonté d’être anxiogènes ou loufoques, nous laissent froids. Hélas, le blockbuster peine à nous faire ressentir la moindre tension ou à paraître sérieux, et les péripéties semblent indubitablement répétitives. Cela peut notamment s’expliquer par une immersion un peu trop directe dans la narration, avant même de vraiment présenter les personnages.
Certes, plusieurs personnages, tels que celui campé par Colin Firth, manquent cruellement de charisme, mais nous aurions tout de même apprécié une présentation en bonne et due forme.

Même la technologie alien devient finalement un large fourre-tout de pouvoirs clichés en tout genre, et Disclosure Day ressemble finalement moins à un film de science-fiction qu’à un survival parsemé d’épices fantastiques et de poudre de perlimpinpin.
En parlant de poudre aux yeux, le film souffre qui plus est d’une esthétique lisse et morne, très décevante venant d’un grand cinéaste comme Steven Spielberg. Les animaux en CGI sont, qui plus est, d’un réalisme assez médiocre.
Même la séquence où Emily Blunt et Josh O’Connor revoient soi-disant leur enfance ressemble à une publicité Kinder.
Seules séquences à sauver du lot : les séquences en found footage, avec une esthétique joliment bruitée que l’on aurait apprécié voir sur l’ensemble du film, renouant avec l’esthétique rétro des premiers Spielberg. Celles-ci restituent à merveille l’atmosphère énigmatique et fascinante que voulait transmettre le cinéaste. La séquence de clôture est également particulièrement séduisante. Si son arrivée brusque et incohérente nuit à sa qualité, celle-ci parvient tout de même à bien finir le film et à nous maintenir badauds tandis que les crédits défilent.
La Critique de Mael
Ce film a pour thème la rencontre de l’humanité avec une espèce extraterrestre intelligente, ce qui n’est pas nouveau dans la filmographie de Spielberg après ses succès comme :
Néanmoins, il est le premier à avoir une vraie volonté de simulation des débats et conflits liés à la révélation mondiale d’une telle information.
Pour ce qui est de la performance des acteurs, Colin Firth nous a délivré une excellente performance d’antagoniste à en donner la chair de poule, incarnant une colère et une rage dans son objectif très convaincantes.
Emily Blunt, quant à elle, délivre une performance de détresse, d’incompréhension des événements et de tentative de découvrir ce qui lui arrive, très convaincante et lisible. Le personnage de Josh O’Connor est quant à lui assez plat et ne bénéficie pas d’autant d’attention que le personnage d’Emily Blunt malgré son rôle tout aussi capital dans l’histoire. Malgré cela, il délivre une superbe performance de rébellion contre le système et de volonté d’arriver à ses fins.

Le rôle de Colman Domingo est quant à lui assez peu exploité par rapport à son importance dans l’histoire, tout comme celui d’Eve Hewson qui est plus exploité et utilisé, notamment pour le discours de la croyance en la religion, mais est rapidement mis à l’écart avec un système de manipulation mentale à distance ingénieux et très bien exécuté.
La mise en scène du film est impeccable, rapide dans les moments d’action et plus lente quand il le faut, ce qui permet à Spielberg de faire référence à certains de ses classiques comme Duel avec un superbe début de séquence de tension ferroviaire.
Cette mise en scène laisse tout de même des moments d’incompréhension qui ne sont pas expliqués au niveau des technologies aliens, ce qui est probablement voulu par le réalisateur, ainsi qu’une étrange séquence s’apparentant à une publicité de Noël trop bien faite comme séquence de « flashback », qui fait ressentir la grande utilisation d’effets spéciaux de la séquence.
L’histoire originale de Spielberg et Koepp montre une certaine palette de la réaction humaine, allant du rejet à l’acceptation totale en passant par l’incompréhension, le questionnement ainsi que la compassion. Elle aborde le point de vue de la société et de la religion sur le thème de la révélation.
Pour conclure, ce dernier Spielberg montre que ce dernier est toujours un maître de la réalisation, capable d’explorer plusieurs histoires différentes sur un thème similaire. L’histoire propose une vision plutôt positive du premier contact extraterrestre, portée par des acteurs aux incomparables performances et une mise en scène solide, bien qu’ayant certains passages difficiles à comprendre et visiblement irréels, qui sont probablement voulus par le réalisateur pour maintenir une part de mystère sur son histoire.
La Critique de Thibault
Spielberg chapeautant de nouveau un film de science-fiction, qui plus est un film d’extraterrestres…Evidemment que nous avions hâte (d'après la rumeur le rédacteur en chef est particulièrement fan de Spielberg, c'est ce que dis la rumeur hein)
Disclosure Day se présente comme un film d’espionnage et de quête, tout en étant une œuvre métaphysique qui semble même proposer un nouveau langage cinématographique.
Steven Spielberg est, bien sûr, réputé pour nous raconter des histoires toujours plus inoubliables et extraordinaires les unes que les autres.
Voici une nouvelle aventure qui regorge autant d’énigmes que de richesses.
Nous suivons des personnages particulièrement pertinents, dont chacun trouve sa place dans cette histoire : tout le monde est concerné, de la journaliste désignée comme « l’élue », interprétée par Emily Blunt, au personnage de Josh O’Connor. Tous ont leur mot à dire — extraterrestres compris.
Entre métaphore et message subliminal, Spielberg démontre une fois de plus sa capacité à mettre en scène l’irréel et à nous emmener vers l’inconnu comme s’il s’agissait de quelque chose de tangible. Premier grand retour à la science-fiction depuis La Guerre des mondes, le réalisateur amène à nouveau l’être humain à questionner la science et à rechercher la vérité.
Si certains trouvaient que le créateur d’Indiana Jones s’était quelque peu égaré avec ses précédents films, comme Ready Player One ou West Side Story, respectivement jugés lourds ou dispensables, il est ici certain que l’on retrouve le Spielberg des premiers temps, celui de A.I. Intelligence artificielle ou de Jurassic Park, avec des touches de Minority Report. Un condensé généreux mêlant frénésie et instants marquants : ceux où nos héros sont lancés dans une course contre la montre, mais aussi ceux où le dialogue s’installe avec grâce pour laisser place à une autre forme de magie.

Spielberg a toujours eu cette maîtrise narrative lui permettant d’entrelacer action et poésie, subtilité et explicite, au sein d’une mise en scène des plus inspirées. On n’oublie évidemment pas la musique de John Williams, qui accompagne divinement la prose visuelle du maestro. Il signe ici son film le plus lumineux et le plus agréable depuis The Fabelmans, qui était déjà, lui aussi, une œuvre de réflexion et de quête.
Une quête davantage identitaire que métaphysique, certes, mais une quête avant tout.
Après tout, le cinéma de Spielberg a toujours été une aventure vers un lointain invraisemblable.
Disclosure Day est un nouveau pas en avant pour la science-fiction, mais aussi un souffle de renouveau pour le cinéma. Un film qui n’amène pas à rêver mais à penser autrement à une autre forme de possible et de réalité, une mission assez surréaliste mais pleinement accomplie, pour un artiste de l’image qui a toujours la tête vers le ciel et l’âme d’un enfant.



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