TOP SE7EN – Retour sur les performances contorsionniste de l’homme à la tête en caoutchouc, Jim Carrey
- gaspardflory
- 14 mars
- 9 min de lecture
Quoi qu’en dise la théorie du complot, Jim Carrey nous a fait, il y a peu, l’honneur de sa présence à la Cérémonie des Césars, afin de recevoir un césar célébrant l’ensemble de sa carrière. Par sa façon de jouer avec son visage et son corps, et par ses impressionnants talents d’improvisateur, celui-ci a marqué notre enfance et notre vision du cinéma. Nous avons donc voulu mettre en lumière sa filmographie, de la même façon que celui-ci a su mettre en lumière la comédie comme un genre cinématographique à part entière. Voici donc un nouveau TOP SE7EN dédié cette fois-ci à l’homme à la tête en caoutchouc, le seul et l’unique, Jim Carrey !

7. Ace Ventura (1994), ou le détective privé pour animaux le plus grimaçant du cinéma
En ce mois de Mars 2026, une foule impressionnante de lecteurs de Lumières Critiques se soulève ! La cause de toute cette agitation ? Un rédacteur du site a osé faire part de ses piètres avis cinéphiliques dans un nouveau top se7en, tout aussi désastreux que les trois précédents. Cette fois-ci dédié au célèbre comédien à la face de caoutchouc la plus reconnaissable du cinéma, j'ai nommé monsieur Jim Carrey, le classement a osé placer le chef-d'œuvre Ace Ventura à la dernière place de son classement. Gaspard Flory, l'auteur minable de cet article calamiteux a bien voulu nous justifier cette erreur absolument condamnable.
Oui, Ace Ventura est une comédie absolument triomphale et celle-ci doit beaucoup son accueil cacophonique à l'interprétation de Jim Carrey. Combien de fois l'avons-nous retrouvé au sommet des classements avec un titre accrocheur, tel que "Les meilleures grimaces de Jim Carrey". Il faut dire qu'avec ses cheveux gominés, sa chemise hawaïenne et son visage malléable, le détective privé pour animaux a marqué toute une génération. La comédie peut également se vanter d'avoir une suite, tout aussi poilante que le premier volet. On retiendra la séquence où Ace Ventura, grimaçant et rugissant à souhait, comme à son habitude, s'extirpe du derrière d'un rhinocéros avec une élégance et une adresse toute relative. Un film aux prémices de la carrière de Jim Carrey qui nous a montré l'étendue de son jeu contorsionniste.
Mais alors pourquoi mettre un film aussi culte aussi bas dans le classement ? Eh bien, si la qualité de la performance de l'acteur y est indéniable, le personnage est un peu trop lisse en comparaison avec ceux qui vont suivre. Et puis, cette critique s'inscrivant dans un top se7en construit avec autant de passion que de subjectivité, Ace Ventura aura moins su marquer notre enfance que des films tels que…

6. Dumb et Dumber (1994), le road trip déjanté d’un duo de joyeux lurons
Dumb et Dumber... Sans aucun doute, en fière posture parmi les road-trips les plus déjantés. Il s’agit probablement là d’une des comédies les plus jubilatoires de l’histoire, ou ceci du moins dans nos cœurs. Néanmoins, contrairement à Ace Ventura, la suite l’est ici beaucoup moins. Aussi, nous abandonnerons ici l’espace d’un instant la déontologie journalistique et ferons comme si ce sequel n’avait jamais existé... Retournons donc au premier volet et à ses deux joyeux lurons.
Avec Lloyd et Harry, deux grands enfants qui semblent avoir refusé de grandir, rien n’est impossible. Il n’y a pas de radio ? Chantons. Des problèmes financiers ? La solution est toute trouvée ; Vendre une perruche décapitée à un enfant aveugle. Les frères Farelly assument un humour plus noir que café et dépeignent des personnages plus excités que s’ils avaient bu la cafetière tout entière. Pour cela, aucun doute. Jim Carrey est l’acteur idéal. Pas besoin de piment extra-fort dans son burger, l’énergie du jeune comédien est décidément débordante. Son tandem avec Jeff Daniels nous fait rire aux éclats à nous en donner des douleurs abdominales.
Le duo se sauve de situations cocasses avec une imbécilité qui passe un très très court instant pour de l’ingéniosité. L’amitié et la puérilité - le mot est faible – de ces deux barjos n’a eu de cesse d’inspirer les acteurs et les réalisateurs des comédies les plus récentes, et on comprend sans mal pourquoi. Ramzy lui-même a avoué avoir grandement apprécié Dumb et Dumber, ce que l’on vérifie sans mal en revisionnant encore une fois La tour Montparnasse Infernale. Le film sort la même année que Ace Ventura et The Mask, et aucun doute qu’il aura grandement contribué à la carrière en ébullition de l’acteur.

5. Bruce tout puissant (2003), un grand pouvoir implique de grandes responsabilités
Avec Bruce tout puissant, Tom Saydac ouvre décidément la porte dorée de l’éden des plus grands réalisateurs de la comédie américaine. Bruce tout puissant signe sa troisième collaboration avec Jim Carrey après le premier volet d’Ace Ventura, ainsi que Menteur Menteur, et pour cause, quelle retrouvaille réjouissante !
Le réalisateur arrive décidemment à s’entourer d’acteurs de premier choix. Après avoir réuni Robin Williams et Philip Seymour Hoffman pour Docteur Patch, il réunit cette fois-ci Jim Carrey, Morgan Freeman et Steve Carell. Jim Carrey, d’abord maltraité et moqué, obtient des aptitudes surhumaines des mains d’un Morgan Freeman au charisme divinatoire.
Dès lors, plus rien ne semble impossible : un macaque sort du derrière d’un jeune malfaiteur, un présentateur télévisé grimaçant perd tout contrôle de son visage... Néanmoins, même après l’obtention des pleins pouvoirs, la vie n’est pas tout rose pour notre héros.
Être Dieu, ce n’est pas donné à tous les hommes et comme le dirait l’oncle Ben, un grand pouvoir implique une grande responsabilité.
La vie de Dieu n’est pas facile et répondre au flot de prières n’est pas une chose à prendre à la légère... Bruce tout puissant est encore une fois une comédie hilarante, dynamique et particulièrement originale.
Fourmiliante de détails et de références, celle-ci restera dans la bible des plus grands films de Jim Carrey.
Nul doute, néanmoins, qu’une suite n’était absolument pas nécessaire, et ça, Jim Carrey a bien vite eu la décence de s’en rendre compte.
Quoi qu’il en soit, l’homme à la tête en caouthouc s’impose encore une fois dans ce film comme un dieu vivant de la comédie. Prière que celui-ci n’arrête jamais complètement de faire du cinéma...

4. The Mask (1994), une comédie cultissime et polychromatique
Faut-il vraiment justifier la place de The Mask dans ce top ? Il s’agit tout simplement d’un des films les plus cultes du cinéma. Même trente ans après, ses répliques sont sur toutes les bouches. On oublie presque un instant que Jim Carrey est un humain, lorsque celui-ci revêt son masque, tant son jeu avec son corps est alors sans précédents. L’association de ses talents clownesques et d’un univers cartoonesque est qui plus est, encore aujourd’hui, absolument estomaquant.
Le personnage du Masque recevra un oscar au sein même de son film, après avoir feint sa mort dans une séquence entre western et film de gangster. Car oui, c’est aussi ça la force du film ; ses références à d’innombrables registres : film d’action, romance, comédie musicale... Jim Carrey lui-même, semble camper une centaine de personnages, lui permettant de montrer ses talents d’improvisateur et son humour bien trempé.
Relevons au passage, le talent exceptionnel de son doubleur en VF, monsieur Emmanuel Curtil. Un film dans l’excès total où gags et péripéties s’enchaînent à vitesse grand V. Néanmoins, quel plaisir de voir une salle de cinéma agitée de fous rires et de sourires jusqu’aux oreilles. Une comédie magistrale, intemporelle, en un mot : Splendide !

3. Fou d’Irène (2000), peut-on rire de tout ?
Quel bonheur, ce fut de voir un nouveau film des frères Farelly avec Jim Carrey ! Fou d’Irène est une comédie qui n’est jamais timide dans ses provocations et ses pieds-de-nez. Nous n’en attendions pas moins de cette association flamboyante.
La fratrie Peter et Bobby Farelly ne passe pas par quatre chemins : on peut rire de tout ! Si le film peut sembler vulgaire au possible, il révèle encore une fois une performance exceptionnelle de Jim Carrey, cette fois-ci sous les traits d’un personnage “légèrement” schizophrène.
Double personnalité, double exigence... le film peut rappeler The Mask de par la représentation d’un personnage doux et réservé qui bascule dans une sorte de folie explosive. Certes, le film a moins la colorimétrie bariolée et les effets spéciaux époustouflants de son prédécesseur, mais la prestation de Jim Carrey a quelque chose de franchement rafraichissant.
Pour apprécier le film à sa juste valeur, il est vrai qu’il faut apprécier l’humour fort de café des deux frangins qui y ont ici plongé une tartine de blagues particulièrement grotesques. Néanmoins, si vous venez à reculons pour vous beurrer timidement la biscotte, mieux vaut regarder OSS 117.
Ici, l’ambivalence du personnage campé par Jim Carrey est vraiment développée. Il est tantôt sympathique, tantôt imbuvable ; et tantôt émouvant, tantôt désopilant. Poussé à bout par une société cruelle et profiteuse, le personnage se déchaine avec un mélange de ridicule et de désespoir. La confrontation très concrète, très physique des deux facettes du personnage est certes caricaturale, mais seul Jim Carrey aurait pu réussir à en venir aux mains d’une façon aussi singulière et aussi impressionnante. Le personnage et son acteur avec, font office de punching Ball tout le long du film. Menton refait et nez cassé, le pantin s’agite avec une énergie qui semble inépuisable : Absolute cinéma !

2. Eternal Sunshine of the spotless mind (2004), une œuvre à la poésie inoubliable
Qui aurait parié un roupie sur le couple Kate Winslet – Jim Carrey ?
Pas grand monde, et pourtant lorsque l’on voit Eternal Sunshine of the spotless mind, c’est comme une évidence. Ils étaient et demeurent faits l’un pour l’autre. Michel Gondry parvient décidément à développer un univers avec une poésie vraiment sans pareilles.
Ainsi, ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit d’un rôle à contre-emploi que le film a trouvé sa place si haut dans ce classement ; c’est avant tout parce qu’il s’agit d’une des œuvres les plus pures, mais aussi les plus déchirantes qu’on ait jamais eu la chance de voir au cinéma.
Il faut dire que le film associe le réalisateur de L’écume des jours et Charlie Kaufman, le scénariste d’Adaptation. La place des souvenirs y est traitée avec une poésie incomparable. Nous n’oublierons jamais l’image magnifique des deux personnages allongés sur un étang gelé en pleine fissuration, ni leur sublime “rencontre” dans l’autobus.
Le film est porté par un Jim Carrey, plus mélancolique, plus touchant, et plus beau que jamais. Lors de la production du film, l’acteur est en pleine dépression, ce qui se ressent immédiatement dans son interprétation.
Michel Gondry lui-même aurait demandé à l’acteur de ne pas s’appuyer sur son humour habituel, tant sa brisure le rendait beau. Face à lui, Kate Winslet, cheveux bariolés, n’est pas en reste, désarmante d’un mélange de grâce, de force et de fragilité.
Les deux personnages ne peuvent fonctionner l’un sans l’autre, et sont d’un charme à couper le souffle. Non loin des souvenirs, non loin du cœur, les deux acteurs forment un couple sublimement imparfait. Nous n’oublierons jamais ce film, et quand bien même nous devions le découvrir une nouvelle fois, cela serait toujours avec le même plaisir et la même ardeur, la bouche béante et les larmes aux yeux. Une romance tragique, métaphorique, onirique : inoubliable !

1. The Truman Show (1998), une œuvre culte, ébranlante et kafkaïenne
Ah, Truman ! Même si vous n’avez sans doute pas de coussin à son effigie, vous avez forcément entendu parler de lui. Son histoire est reconnue aujourd’hui comme un classique cinématographique et a rapporté près de 250 millions de dollars de recettes dans le monde. Une création qui touche petits et grands partout dans le monde. Il s’agit là d’un film choc à voir et à revoir pour en décortiquer chaque détail. Chaque valeur de plan est questionnée avec une précision vraiment admirable. Décors, accessoires, figurants, tout est orchestré d’une main de maître. Laquelle ? Celle de Peter Weir, réalisateur du Cercle des poètes disparus. Ajoutez à cela les talents de scénariste d’Andrew Niccol, notamment scénariste de Bienvenue à Gattaca.
Les deux hommes donnent naissance à un univers certes artificiel, mais pas moins foisonnant, quoiqu’assez banal en apparence. Néanmoins, l’envers de ce décor de station balnéaire a quelque chose de particulièrement anxiogène. En son centre, Truman, héros de show télévisé malgré lui, comprend progressivement l’orchestration de cette société factice.
Vous l’aurez compris, derrière ses apparences de comédie familiale, The Truman Show est une œuvre qui semble plus proche de nous arracher quelques larmes que de nous faire rire aux éclats. Si à prime abord, Jim Carrey semble revêtir son large sourire habituel, il ne s’agit là que d’un nouveau masque. Littéralement enfermé par un système médiatoxique, Truman n’a rien d’un clown, étant le seul personnage qui ne joue pas un rôle. Tout son entourage est factice, composé exclusivement de comédiens dont la docilité est surveillée par l’oeil sévère d’Ed Harris.
Celui-ci y signe une performance au sommet de son art; il y est inquiétant, malsain, bref d’une justesse époustouflante. NotoNS au passage la performance tout aussi honorable de Laura Linney qui parvient à devenir son personnage sans le mettre à distance ou le prendre de haut.
Jim Carrey, quant à lui, interprète Truman avec une justesse désarmante. Le personnage puise toute sa force dans son sentiment d’impuissance et de fragilité.
Film éminemment politique à l’heure du développement des caméras de surveillance, The Truman Show s’impose encore aujourd’hui comme une œuvre très actuelle. L’oeuvre culte de Peter Weir demeure sans impairs. Un film à l’esthétique soignée et à la narration kafkaïenne à voir et à revoir pour son sens du détail sans pareils.
Faut-il ajouter quelque chose ? Good afternoon, good evening and good night.
Le Saviez-Vous ? Dennis Gassner, chef décorateur de The Truman Show est également célèbre pour ses collaborations avec Les frères Coen, Tim Burton ou encore Sam Mendes...





Commentaires