Top Story 5 -Que dire d'un cinquième volet qui n'était pas voulu
- Arthur Heulin

- 28 juin
- 4 min de lecture

PIXAR RECYCLE SES SUCCÈS POUR COMPENSER SES ÉCHECS
Notre chère bande de jouets, qui a fait la renommée des studios Pixar, est de retour… pour le meilleur, mais surtout pour la nostalgie. Après les échecs successifs au box-office d’Elio et de Jumpers, il est un peu navrant de voir l’un des plus grands studios spécialisés dans le film d’animation miser sur une suite de trop, que personne n’attendait vraiment.

La petite Bonnie a du mal à se faire des amis. Ses parents lui offrent alors une tablette, soi-disant adaptée aux enfants, et la fillette commence à négliger ses jouets, au grand dam de ces derniers. Déjà, la thématique du danger des enfants exposés aux écrans est une bonne idée. Le film n’hésite pas à montrer l’immaturité, voire la cruauté, des enfants qui veulent se comporter comme des grands et finissent par se moquer du simple fait d’avoir des jouets. (Ne faites pas ça chez vous.)
Seconde bonne idée : l’intrigue se centre sur Jessie, la cow-girl rousse pleine d’énergie, et sur son passé, amorcé dans le deuxième opus. Par un concours de circonstances, elle se retrouve dans l’ancienne maison de sa première propriétaire, désormais habitée par une nouvelle famille. Sa rencontre avec des « jouets-machines » est assez hilarante, et son questionnement sur son utilité vis-à-vis de ses propriétaires s’inscrit parfaitement dans la continuité des quatre précédents films. Visuellement, c’est toujours aussi magnifique, même si l’on devine l’influence de Spider-Verse dans les séquences de jeu de Bonnie.

Malheureusement, ces bonnes idées ne nous empêchent pas de voir les gros défauts du film. Bayonne, Zig-Zag, Rex, le couple Patate et les autres se retrouvent littéralement au placard et ne jouent donc aucun rôle dans le déroulement des événements.
Même constat pour la Bergère, qui ne fait qu’un simple acte de présence au milieu et à la fin du film. Le rôle de Woody se limite à des blagues un peu lourdes sur l’âge et le temps qui passe, tandis que tout l’arc de Buzz se résume à tenter de demander Jessie en mariage… sans jamais y parvenir. (Coucou Bernard et Bianca au pays des kangourous et La Reine des neiges 2.)
L’autre problème du film, c’est son rythme très décousu. En plus de Jessie coincée avec les jouets-machines, et de Woody et Buzz qui affrontent LilyPad pour la forcer à localiser leur amie, le film suit également un groupe de Buzz l’Éclair qui, à la suite du naufrage de leur cargaison, se retrouvent livrés à eux-mêmes.
Ils découvrent alors le monde et cherchent le véritable but de leur mission, dans un nouveau clin d’œil au premier opus. Si cet arc est plutôt mignon, il alourdit le récit plus qu’autre chose et finit par apparaître comme un véritable deus ex machina lors du climax du long métrage.
En bref, une suite de trop, pas foncièrement détestable, mais largement dispensable, qui joue avant tout la carte de la nostalgie du premier film.
Maintenant qu'Arthur a énoncé son ressenti un poil mitigé, qu'en pense le rédacteur en chef, toujours séduit par la machine Pixar et les effets de nostalgie ...
Certes, Toy Story 5 n'est pas sans défauts (certains jouets sont mis de côté, quelques longueurs, des intrigues parfois mal gérées, etc.).
Mais ce que l'on apprécie le plus, c'est le combat de Jessie pour préserver Bonnie des écrans et l'encourager à tisser des liens avec des jeunes filles de son âge qui en valent vraiment la peine.Pixar prouve qu'il est possible de continuer à raconter des histoires pertinentes avec une franchise vieille de 30 ans, tout en conservant la magie des débuts.Oui, ce cinquième opus n'était pas le plus attendu, et la saga joue sur une certaine corde nostalgique, il faut bien l'admettre.
Mais il y a une bonne raison de lui donner sa chance : c'est un film qui a beaucoup de choses à dire sur la société actuelle et sur la manière dont les enfants grandissent aujourd'hui.Est-on en train de dire que, 30 ans après, Toy Story propose son film le plus important ? C'est bien possible.
En tout cas, c'est peut-être celui qui a le plus de choses à défendre.Certes, Pixar a toujours fait preuve d'une créativité extraordinaire, que ce soit avec la saga Toy Story, Monstres & Cie, les films Vice-Versa, etc. Mais combien de ses films ont réellement évoqué le monde dans lequel nous évoluons ? Il se pourrait bien que Pixar fasse évoluer son univers et ses personnages en confrontant la créativité à la réalité.
Et c'est précisément la plus grande réussite de ce film : conserver l'esprit des premiers opus tout en se frottant à une certaine réalité, quitte à venir bousculer les enfants que nous sommes restés.
Le film est actuellement en salles et c'est la fête du cinéma profitez en !
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