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The Tree Of Life-L'Odyssée d'une Vie selon Malick

  • Photo du rédacteur: Thibault Jeanroy
    Thibault Jeanroy
  • 14 mai
  • 3 min de lecture
Jessica Chastain, la mère sensible qui tente en vain de propager la foi dans sa famille
Jessica Chastain, la mère sensible qui tente en vain de propager la foi dans sa famille

« Sortir d’un film de Terrence Malick, c’est toujours un peu comme revenir d’un autre monde. »


Sortir d’un Terrence Malick, ce n’est jamais simple. C’est même un défi, une expérience qui dépasse la simple réflexion. Avec sa Palme d’or 2011, le cinéaste ne se contente pas d’interroger la vie : il la décortique, la déracine, la confronte à nos valeurs, à nos souvenirs, à tout ce qui façonne notre existence.

Pas étonnant qu'en 2013 les festivaliers se soient autant crispés devant cette cinquième réalisation du cinéaste (oui seulement la cinquième depuis 1973 )


De quoi parle-t-on ?


D’un homme, aujourd’hui adulte, qui replonge dans son enfance : un père violent, presque tyrannique, un frère effacé, une mère douce mais silencieuse. Mais, surtout, d’un thème qui engloutit tous les autres : la Vie.Sa création, son évolution, son mystère.

Là où Kubrick, avec 2001, l’Odyssée de l’espace, ou Ridley Scott avec Prometheus, effleurent ce vertige, Malick, lui, plonge au cœur du noyau de l’existence et ose même y tisser ses convictions religieuses.


Terrence Malick ce cinéaste secret, qui après son premier long-métrage La Ballade Sauvage (road trip silencieux et brutal sorti en 1973) et Les Moissons du Ciel ( Prix de la Mise En scène au Festival de Cannes en 1979 ) se retire durant 20 années durant....

Malick ce cinéaste obsédé par la nature, l'existence, la foi, l'intérieur humain et le chaos extérieur, celui qui fait tournoyer l'objectif de longues minutes pour ne contempler autre chose que le néant où une humanité invisible.


La Ballade Sauvage (1973)
La Ballade Sauvage (1973)

LES GRANDES QUESTIONS D’UN FILM SANS POSITION


Malick questionne l’humanité, mais aussi l’intimité d’une famille. Il installe des problématiques lourdes comme un père autoritaire, oppressant, une mère témoin impuissant, des enfants qui grandissent dans la peur silencieuse.


The Tree of Life se veut universel : une fresque sur la création, le cosmos, le sens de tout ce qui vit. Pourtant, quelle posture adopte-t-il réellement ? Malick orchestre une odyssée visuelle et philosophique grandiose — ce qui rappelle qu’il fut professeur de philosophie — mais vers quoi nous guide-t-il quand sa caméra virevolte au cœur d’une dictature domestique ? Ou lorsqu’il filme Sean Penn, perdu dans son propre labyrinthe intérieur ?

Quand Kubrick adapte Clarke pour explorer l’origine de la vie dans l’espace, il ne reste jamais en retrait : il propose une vision, une pensée, un propos clair sur l’intelligence, l’évolution, l’univers.Chez Malick, tout devient image — magnifiques, sublimes, oui — mais est-ce que tout cela fait avancer quelque chose ? On laisse le spectateur décider de la pertinence de ses interrogations religieuses et métaphysiques.


The Tree Of Life et son trio de tête, Pitt, Chastain et Sheridan
The Tree Of Life et son trio de tête, Pitt, Chastain et Sheridan

LE STYLE MALICK


Malick a une vision, c’est indéniable. Une écriture poétique, presque mystique. Les Moissons du ciel ou La Balade sauvage le prouvent : sa grammaire cinématographique est unique.

The Tree of Life en est l'apogée, et le point de bascule vers une œuvre façonnée par la foi — ce que confirment Une vie cachée et son futur film sur le Christ.Mais si le film atteint une virtuosité formelle incontestable, son scénario, lui, tourne souvent à vide.Ce voyage à travers l’existence n’offre finalement que son propre sublime, aussi beau que creux.

Malick exerce un pouvoir esthétique sur son film comme sur son public, mais cela reste une vitrine. Ses œuvres les plus fortes restent ses premiers films : des récits habités, ancrés, où un véritable sujet se déploie — malgré, déjà, une obsession religieuse palpable.


On en retient un désir immense de sublimer la vie, une ambition rare… mais au détriment d’une intrigue qui manque de chair. Trop vague, trop distante, trop peu investie. Quoique on apprécie cette expérience que le monde permet, c'est ironique d'ailleurs, Malick s'intéresse à l'essence même de sa propre existence, comme s'il questionnait ses propres origines, ses premiers pas sur la terre ferme.

Est-ce un hasard que le poster du film soit Brad Pitt observant des pieds de son nouveau né?

La réflexion est permise.


The Tree of Life, forme le portait de son homme : un réalisateur rare, mystérieux, presque silencieux.Son film lui ressemble : il dit peu, dure longtemps, fascine parfois… mais peut-être pas autant qu’il le voudrait.


Quand à son prochain film (qui doit relater plusieurs épisodes de la vie du Christ) on l'attend patiemment, aux dernières nouvelles, 3 milles heures de rushs étaient au travail, laissant donc les admirateurs de l'homme (et Thierry Fremaux) dans une attente insoutenable... Mais ce n'est qu'une simple habitude finalement ....


En attendant on vous invite à redécouvrir la bande-annonce



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